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Sans aucun doute, l’évènement certainement le plus important de ce mois de Mai, fut la visite de Trump à Xi Jimping, suivie immédiatement par celle de Poutine. Il leur fallait discuter, des « affaires du monde » et de la dangereuse propension de Trump à ouvrir des guerres comme celle d’Iran qu’il ne maîtrise pas totalement, qui enflamme le baril de pétrole et le monde, et faire le point sur la guerre d’Ukraine, lancée ne l’oublions jamais par Johnson et Biden

Le Sommet Chine-États-Unis »

« C'est une visite historique, qui fera date », a déclaré Xi Jinping, au deuxième jour de la visite de Donald Trump en Chine : « Nous avons conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour nos deux pays », a dit Trump » (Rfi). Toujours dithyrambique Trump et jamais de problèmes :  ouverture commerciale, achats d’avions Boeing, discussions ouvertes sur la possibilité d’acheter les terres rares dont la Chine a le quasi-monopole, la question des taxes à l’importation aux Usa, et celle de l’IA et aussi des échanges sur la guerre en Iran et en Ukraine. Pourtant Trump manie toujours la menace d’une guerre contre la Chine si elle occupe Taïwan. Il s’est doté d’un Budget militaire de 1500 milliards (après les 950 milliards de 2025) pour « réarmer » les Usa en matériel dernier cri et capable de terrasser le dragon chinois ?

Le rôle géopolitique assumé par la Chine. Pour comprendre la deuxième visite de Trump à Pékin, il est nécessaire de penser la Chine dans ses actions internationales, marquées par le renforcement des forums et plateformes internationaux par lesquels Pékin renforce son influence. Les BRICS, le Sud global et l’Initiative Ceinture et Route de la soie sont devenus, ces dernières années, la marque de la diplomatie politique, économique, infrastructurelle et scientifique de la Chine.

Pour comprendre le rôle grandissant de la Chine, il faut par exemple regarder du côté des BRICS. Avec la Chine et la Russie, ils ont construit des institutions parallèles, comme par exemple la « Nouvelle Banque de Développement et l’Accord de réserve contingente, dans le but d’encourager le prêt en monnaie locale et de réduire la dépendance aux circuits financiers dominés par l’Occident. L’expansion des BRICS, avec l’arrivée d’importants producteurs d’énergie et de pôles logistiques stratégiques tels que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte, a également élargi la base géopolitique du groupe, réduisant le poids relatif de chaque membre individuel et renforçant son pouvoir de négociation collective. » (Info BRICS). Se développer avec pragmatisme, taire les différends et affronter ensemble le XXIème siècle.

 L’initiative chinoise de la « Belt and Road » est passée d’un grand projet d’infrastructure à une plateforme multi-acteurs sous la direction chinoise. « Les gouvernements des pays concernés négocient des conditions contractuelles, activent des formes de cofinancement et utilisent des institutions multilatérales telles que la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures. Dans cette perspective, cette véritable banque de règlements internationaux, n’est pas seulement un instrument de projection de la Chine, mais aussi un domaine où de nombreux pays du Sud global recherchent des marges d’autonomie, un financement alternatif et une plus grande capacité de négociation. ». (Info BRICS).

La réduction progressive de la dépendance au dollar et aux infrastructures financières occidentales représente l’un des effets les plus significatifs de cette dynamique. 

Trump/Chine, guerre ou concertation pacifique ? Au fur et à mesure que les Chinois gagnent en importance commerciale et en technologique, qu’ils produisent avec d’autres pays amis, les Usa et les Européens finissent eux par acheter des produits chinois. Trump tente donc de bloquer l’évolution autonome de la Chine et de ses alliés, stopper ce bond technologique qui met la Chine en avance sur certaines productions comme celle des puces informatiques sans lesquelles il n’y aurait ni informatique, ni Intelligence Artificielle. Les BRICS ensemble, pèsent quand même les 2/3 tiers de l’humanité, et 40% du Pib mondial en parité de pouvoir d’achat, contre 27% pour les pays du G7. Les BRICS demeurent dans la zone d’influence du capitalisme globalisé, ils ne le refusent pas formellement mais ils tentent de l’aménager à leur profit.

En déclarant la guerre des taxes à l’importation sur le sol américain, bien que contestée par la Cour suprême des Usa, Trump s’est aliéné tout le monde, même les Européens jamais en retard pour accepter tout ce qui vient des Usa sans critiques, même au risque de voir un pan de leurs industries, par exemple l’automobile, s’écrouler face à la concurrence des voitures électriques produites en Chine. Après Volkswagen en Allemagne qui va produire en Chine, c’est au tour de Stellantis d’annoncer une co-production franco-chinoise de voitures électriques et sur le sol français. Les réponses à la crise de l’industrie européenne sont comme toujours nationales, non européennes, l’UE est une « fiction » incapable de répondre collectivement.

C’est terrible pour le « monde occidental » un Trump, qui ment ouvertement, dit tout et son contraire et méprise ses « alliés ». D’aucuns aux Usa lui susurrent « attaquez maintenant la Chine, tant qu’elle n’a pas encore atteint son acmé » !

5 jours après Trump, la Chine reçoit Poutine.  La politique chinoise est très claire, l’ex « empire du milieu » veut devenir le régulateur politico-économique du « Nouveau monde », formule qu’elle a chipé aux Usa d’Obama/Biden/Trump. Bref Pékin reçoit Poutine avec le même faste et affiche « une alliance inébranlable », même si Poutine semble être un peu le parent pauvre, avec sa guerre d’Ukraine qu’il ne parvient pas à dominer en raison de l’aide multiple des Européens engagés dans un bras de fer avec la Russie par l’intermédiaire de cette guerre.

Les relations sino-russes sont du « gagnant/gagnant ». De nombreux projets sont en œuvre par exemple sur le sol Sibérien, qui feront de la Chine et de la Russie des pays actifs et puissants sur le domaine par exemple de l’IA. La Chine en collaboration amicale avec la Russie dans les technologies du futur, gagne en capacité dans la concurrence avec le monde « occidental ».

« Avec les Russes, il n’y a pas de surprises puisque la relation est historique. Tous les deux nous sommes d’accord pour traiter, à chaque fois, d’avantage de sujets », déclare Ding Yifan. Et concernant Trump : « la partie chinoise ne s’attendait pas à autant de respect par Trump. Il faut y voir la Chine par les Etats Unis comme un compétiteur de même rang, cela va dans le sens de cette « stabilité stratégique constructive que Xi Jinping appelle de ses vœux ». Xi Jimping qui a par ailleurs mis en garde Trump sur la question de Taïwan. (Ding Yifan, chercheur du centre de recherche pour le développement du Conseil des affaires d’Etat et Professeur titulaire à l'Université des langues étrangères de Pékin, Wikipédia).

« L’un des avantages de la Sibérie est son froid glacial et l’abondance de l’hydroélectricité très bon marché. Le Kremlin prévoit de transformer les terres gelées de sa toundra mythique en l’un des plus grands pôles de données sur l’IA de la planète, ce qui intéresse les Chinois et ses entreprises pour la capacité informatique sibérienne couvrant couvre plusieurs secteurs, comme celui des véhicules électriques opérant déjà en Russie depuis le départ des marques occidentales - multipliant ainsi par treize les dépenses pour les services cloud russes. ». « Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, qui l’a isolé des fournisseurs et marchés technologiques occidentaux, la Chine est devenue le principal partenaire commercial de la Russie, sa principale source d’électronique grand public, de véhicules et de technologies, et de plus en plus un co-investisseur dans les infrastructures » (info BRICS mai 2026). La Russie peut attendre sereinement le 21ème lot de « sanctions » de l’UE.

Quelques jours après la visite de Poutine en Chine, Trump annonce « Un accord entre les États-Unis et l'Iran se rapproche grandement ».

L’Iran, la 3ème guerre américaine du Golfe a commencé le 28 février 2026.

1ère guerre du Golfe : 1991/1992, après l’invasion du Koweït par l’Irak. Georges Busch père et une coalition dont la France agressent l’Irak, fermeture contrainte du détroit d’Ormuz par l’Iran.

2ème guerre du Golfe :  attentats du 11 septembre 2001 sur les Tours de New York, l'Irak est désigné par Busch Fils, (un ex alcoolique) comme un soutien d'Al-Qaïda et déjà du Hamas. Les Etats-Unis accusent alors Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, ce qui est lui est interdit par l'ONU. La guerre « contre le terrorisme » débute en mars 2003 avec l'invasion du territoire par une coalition menée par les USA sans la France. Et elle n’est pas validée par l’Onu. Saddam Hussein est exécuté en 2006, la guerre dure jusqu’en 2011. Résultat : apparition de l’Etat Islamique EI. (Wikipédia)

Tous les ingrédients pour une 3ème guerre du golfe persique sont présents : « L’Islam politique » et féroce de la République iranienne, qui finance le « terrorisme » du Hamas et du Hezbollah, les « forces du Bien : Israël et les USA », contre l’ONU et les Institutions internationales comme l’AIEA qui contrôlait le nucléaire iranien. Ne manque que la « coalition Occidentale » échaudée par le mépris de Trump à l’égard les Européens (occupés à la guerre contre la Russie) et les organisations du droit international. Sauf, comme souvent, les Britanniques présents dès le début des bombardements sur l’Iran.

Le « Conseil de la Paix » de Trump, créé le 13 octobre 2025, dont il assure la présidence, vient remplacer l’ONU disqualifiée par sa condamnation de la guerre d’Israël à Gaza et jugée contraire à son « Nouveau monde », et pour le Moyen Orient, « les accords d’Abraham » de 2020. Les guerres précédentes des Buch père et fils en Irak, ne lui ont pas ouvert les yeux sur la complexité du monde arabo-musulman. Au contraire, il dit gagner à l’encontre de ces prédécesseurs et laver cet affront à la puissance américaine.

Les frappes israélo-Etatsuniennes ont donc commencé deux bons mois après avoir assuré leur soutien à la révolte de décembre 2025 pour le peuple iranien contre la vie chère et réprimée sauvagement par le régime des mollahs. Et revoilà la « lutte pour la démocratie » et le « changement de régime » avec le projet du retour du fils et de la famille du Shah d’Iran chassé il y a 47 ans. Il n’y a aucune solidarité active avec le peuple iranien meurtri avec plus de 30000 morts tués par le régime des mollahs.

 Certes, le régime a été décimé par les assassinats ciblés, performance exclusive d’Israël. Mais le couple meurtrier Netanyahou/Trump (qui a rasé Gaza) s’est empressé de bombarder tous les sites présentant à leurs yeux, un intérêt politique, militaire et surtout nucléaire. Netanyahou en rêvait depuis plus de 20 ans d’en finir avec la « République islamique » et ses « Proxi », le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. Remarquons que rien n’empêchait Netanyahou de servir d’intermédiaire financier entre l’Iran, le Qatar et la direction du Hamas. Cet Iran toujours décrit comme un ennemi mortel qui, après le nucléaire civil, allait peut-être réussir le nucléaire militaire.

Si les raisons d’Israël sont claires et connues, celles de Trump le seraient-elles moins ? Le nucléaire iranien déstabiliserait le rapport de force actuellement en faveur d’Israël (nanti de la « bombe dissuasive ») et donc des Usa dans cette région du monde, où certains pays « amis de Trump », ont signé les accords d’« Abraham » et pactisé avec Israël, lors de son premier mandat en 2020. Or les iraniens étaient – selon Trump et Israël - plus ou moins proches de parvenir à la bombe dissuasive. Ils ont les scientifiques et l’aide russe et chinoise, c’était devenu insupportable !

Trump veut cacher son erreur magistrale de 2018 de s’être retirer des accords sur le nucléaire iranien, signés en 2015 par Obama à Vienne : « Cet accord visait à empêcher l’Iran de développer un programme pouvant mener à la production d’une arme nucléaire. Les États-Unis, alors dirigés par Barack Obama, la France, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne s’accordaient avec l’Iran pour contrôler le programme nucléaire de ce dernier et lever des sanctions économiques mises en place contre le pays ». (Le Devoir.com, 8 août 2025).

Trump, en 2026, refait une autre erreur tout aussi magistrale, bombarder l’Iran, qui n’est pas le Venezuela, ni le Groenland, ni même Cuba, peut-être sa prochaine victime. L’Iran est un pays moderne, qui s’est doté de moyens de ripostes avec la dernière technologie militaire comme les drones et les missiles, et qui a bombardé 228 des bases américaines dans les pays du Golfe, c’est-à-dire ceux des pays qui ont signé les accords d’Abraham, ou sont amis d’Israël comme l’Arabie Saoudite.

Résultat imprévu : la fermeture du détroit d’Ormuz, entre l’Iran et Oman, bloque tous les navires pétroliers du monde, sauf des navires … Chinois. Et voilà 20% de l’énergie du monde, pétrole et gaz du Golfe persique en cale sèche, par l’impéritie et l’hubris de Trump.

Trump se serait-il engagé dans une guerre sans fin ? Trump a beau annoncer régulièrement « qu’un accord est proche » et qu’il a détruit les capacités nucléaires de l’Iran, ce qui est faux, il reste que l’Iran a répliqué en bloquant le détroit d’Ormuz qui historiquement a toujours été ouvert à tous comme le veut le droit maritime. Or les Iraniens veulent maintenant le contrôler, ayant compris qu’ils ont là le pouvoir presque exclusif (avec Oman qui est d’accord) de peser sur l’alimentation en énergie du monde contre le paiement d’une taxe de passage qui viendrait enrichir leurs pays.

Trump veut donc négocier le « libre passage du Détroit d’Ormuz » et la possession des « poussières nucléaires ». Pour Téhéran ce n’est plus négociable. Le nucléaire est un droit souverain, un instrument de dissuasion et la fierté du peuple iranien qui montre là la valeur de ses scientifiques. Et, Téhéran ajoute trois autres objectifs « forcer les États-Unis et Israël à un cessez-le-feu permanent s’étendant au Liban, obtenir la reconnaissance internationale de sa souveraineté et obtenir un soulagement durable des sanctions. Les décideurs à Téhéran souhaitent un accord avec les États-Unis qui accorde la liberté économique à l’Iran » et débloque leurs avoirs à l’étranger. (26 mai 2026, blog, Fazi)

Quant à ses « amis » Arabes, ils viennent de larguer poliment Trump. Il a voulu entraîner l’Arabie saoudite, les Émirats, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie et Bahreïn dans cette guerre. Et il veut leur vendre la nécessité pour eux d’adhérer à un futur accord régional avec Téhéran, ainsi qu’aux Accords d’Abraham, qui prévoient la normalisation des relations avec Israël. Il a également exigé une signature immédiate de l’Arabie saoudite et du Qatar à ces accords, arguant que ceux qui refusent montreraient de mauvaises intentions. (Francesca Luci, il Manifesto, 27 mai 2026).

Hélas, pour Trump, ils viennent tous de refuser. Pourquoi ? P Et par mesure de sagesse, car les peuples Arabes en général sont toujours solidaires et se sentent liés au sort des Palestiniens. Et pour la création d’un Etat Palestinien (depuis celle d’Israël en 1947/1948). Et aussi parce que les attaques de l’Iran sur les bases américaines présentent sur leur sol, ont révélé le défaut de sécurité vendu par les Usa.

Une action militaire impensée, une issue politique difficile à imaginer avec un Trump qui change publiquement tous les jours d’opinion, et surtout l’évidente faiblesse des Usa, politico-militaire, face à des Iraniens intelligents et retors.

Qu’importe, le 30 mai 2026, Pete Hegseth, un étrange évangéliste de ministre de la guerre, entre guerre et prêches religieux, a beau dire : Les États-Unis sont « plus que capables de reprendre la guerre contre l’Iran ». Trump va avoir beaucoup de mal à sortir les Usa de l’impasse iranienne.

Le monde a compris, qu’après le Venezuela, et la prise en mains de son pétrole par les Us et les sanctions contre le pétrole russe (levées par Trump mais pas par l’UE) la guerre d’Iran visait indirectement les sources d’approvisionnement de la Chine. Ce qui fut confirmé par le chef du Pentagone qui mit les points sur les « i » quand il déclara au sommet sur la défense qui s’est tenu à Singapour en Mai 2026, « c’est un avertissement face au renforcement militaire chinois, mais les États-Unis ne cherchent pas une « confrontation inutile » ! (Agence France presse.)

Sauf que Trump, est coincé : il a bombardé pendant 37 jours l’Iran, et il n’a rien obtenu d’eux sauf le blocage d’Ormuz et leur méfiance envers ses propositions. Sa stratégie reste donc la même : « ou la guerre », ou « le retrait » de son armada présente dans le Golfe et qui sera ressenti comme une défaite de la puissance américaine mise Kao par l’Iran, et çà c’est inconcevable.

Sauf que Trump exige toujours la reddition des Iraniens qui ont étendu leur éventuel accord au retrait d’Israël du Liban. Trump va avoir beaucoup de mal à sortir les Usa de cette impasse stratégique et malgré ses appels réitérés à l’aide européenne, qui sont restés lettre morte : une petite vengeance qui répond au mépris de Trump.

Une autre contrainte importante :  la guerre d’Iran n’est pas sans influences sur l’économie mondiale . L’autre revers de cette histoire, c’est que le monde déjà impacté par la guerre par procuration ukrainienne contre la Russie et les sanctions contre le pétrole russe, l’est encore plus par les guerres de Trump pour le pétrole et le gaz du Moyen Orient. Trump, qui comme Dieu voulait soulager toutes les misères de l’humanité, affole les marchés boursiers globalisés.  Ses allées et venues ont un effet immédiat sur les Bourses mondiales. Il dit « c’est fini » et en même temps « je vais les rayer de la terre » et hop la panique agite les bourses et l’économie mondiale. Certains en profitent financièrement, et certainement Trump lui-même. Il a créé sa crypto monnaie et ne s’embarrasse jamais de morale pour un enrichissement personnel. Voilà peut-être l’une des raisons de ses voltes faces permanentes : la sensibilité des bourses à ses annonces qu’il faut rassurer. Sinon, tout va bien, il a son pétrole et son gaz de schiste à vendre.

Or la dernière déclaration officielle du FMI, Banque Mondiale, OMC, AIE, le 28 mai 2026 sonne l’alarme : « La guerre au Moyen-Orient génère des impacts substantiels et très asymétriques sur les approvisionnements énergétiques, la sécurité alimentaire et l’activité économique à travers les pays et les régions. Alors que l’économie mondiale continue de faire preuve de résilience, les effets du conflit affectent de manière disproportionnée les pays les plus vulnérables en raison de la hausse des prix des carburants et des engrais, de l’incertitude accrue et des risques pour les emplois et les moyens de subsistance. La hausse des prix des engrais est particulièrement préoccupante alors que de nombreux pays entrent dans la saison de plantation. » (..) « Parallèlement, les stocks mondiaux de pétrole sont réduits à un rythme record en réponse à la perte majeure d’approvisionnement par le détroit d’Ormuz. Si les flux de transport maritime ne reviennent pas à la normale, la diminution rapide et continue des stocks mondiaux de pétrole avant le pic de la demande pétrolière estivale dans l’hémisphère Nord présenterait des risques croissants pour la sécurité des carburants, les conditions du marché et une résilience économique plus large. ».

Le premier affecté c’est quand même le peuple iranien laissé seul face à son destin, sans solidarité active comme celle qui existe pour les Palestiniens de Gaza. Etrange internationalisme qui s’active pour un des peuples en danger et néglige les autres. La solidarité ne doit pas être exclusive.

Et demain, la guerre de l’Union Européenne contre la Russie ?

L’autre conflit qui rentre dans sa 5ème année, « sans vainqueur ni vaincu », bien que les Russes tiennent toujours le Donbass et Lougansk, est beaucoup plus dangereux pour l’Europe. Si les relations sino-russes sont au beau fixe, il n’en est pas de même entre l’Europe et la Russie. Ces 4 ans de guerre n’ont pas épuisé les discours et le soutien des européens qui ont pris la place des Américains occupés ailleurs. « Le conflit armé autour de l’Ukraine a depuis longtemps dépassé le cadre d’un conflit régional pour devenir un laboratoire à ciel ouvert pour un nouveau type de guerre et un terrain d’expérimentation pour une restructuration mondiale », « une nouvelle guerre de Trente ans », «  une guerre entre l’Occident et la Russie », « l’Ukrzine est un terrain d’essai pour les guerres de nouvelle génération » (Andreï Mikhaïlovitch Ilnitski, 12 mai 2026,Comitas Gentium France Russie , membre du présidium, et chercheur à l’université militaire Prince Nevski).

La commission européenne, ses amis Baltes et Allemands jouent un jeu de plus en plus stupide et risqué. Ils achètent des armes de dernière technologie pour les revendre à l’Ukraine. Ils participent de plus en plus directement à cette guerre avec des armes usinées par divers consortiums européens/ukrainiens installés directement sur le sol de l’Ukraine, des drones et des missiles capables de voler de plus en plus loin et tirés certainement en direction de la Russie à partir des pays limitrophes, comme l’Estonie, vers Moscou, St Petersburg et surtout les centres pétroliers et militaires russes.

Combien de temps encore les Européens vont-ils nier l’évidence, qu’ils sont déjà en guerre contre la Russie ? Ils ont pris le parti d’un homme, Zelensky, qui ne vit que pour la guerre et veut la revanche de l’Ukraine sur son histoire comme ex-république socialiste soviétique. Récemment Zélensky « homme de la Paix » a annoncé qu’il va fabriquer des armes et des systèmes de défense pour l’export et devenir ainsi la plus grande plate-forme européenne d’usinage et d’exportation de matériel militaire dans le monde. A noter que la France est devenue le 2ème exportateur de matériel militaire derrière les Usa. Il a rajouté qu’il travaillait sur un projet qui offrira à ses valeureux soldats des emplois de mercenaires dans des sociétés privatisées qui pourront intervenir dans le monde entier sur tous les fronts de guerre où qu’ils se passent. L’Ukraine est déjà intervenue en Afrique, et a tenté auprès des pays du Golfe avec sa technologie anti missiles, mais les américains fournisseurs exclusifs de ces pays lui ont dit stop.

Ses postures de grand guerrier n’incitent pas vraiment à penser qu’il veuille la fin de la guerre avec la Russie. Sur le terrain, au Donbass, la guerre s’enlise, et le Front bouge peu, la ligne de feu est relativement stable. Par contre le nombre de morts augmente d’un côté et de l’autre dont nous ne connaissons pas le nombre exact, la « sécurité militaire » l’exigeant. Mais elles doivent atteindre un certain niveau d’horreur, sans parler des blessés, des soldats et civils handicapés. Zelensky utilise la guerre qui lui donne un statut personnel international ! Lui aussi s’enrichit certainement, son nom étant régulièrement cité dans les affaires de corruption qui touchent en permanence son entourage proche.

La menace otanienne contre la Russie, est de plus en plus crédible. L’évolution guerrière de l’UE et de l’Otan se mesure avec l’augmentation des budgets militaires dans les pays respectifs. « L’idée d’une Union européenne de défense gagne du terrain à travers l’Europe » et Mark Rutte, ancien Premier ministre néerlandais et actuel secrétaire général de l’OTAN, « a récemment révélé une vérité qui touche toute l’Europe. Il a décrit l’Alliance non seulement comme le bouclier défensif de l’Europe, mais aussi comme « plateforme pour que les États-Unis projettent leur puissance sur la scène mondiale », et qu’« elle est également cruciale pour le succès de cette campagne américano-israélienne en Iran. » (Varoufakis, 31 mai 2026 Sin Permiso)

 L’OTAN : avant-poste des guerres décidées par les Usa, bien que contradictoires aux intérêts de ses adhérents. Les termes de cet échange Europe/Usa sont clairs : sécurité contre allégeance. La France seul pays militairement indépendant de l’Otan pousse l’UE à construire une force armée complémentaire à celle de l’Otan. Une stratégie coûteuse et sans avenir car les Allemands s’y opposent et « Tant que l’OTAN continuera de dominer la sécurité européenne, la perspective de construire sa propre union de défense efficace restera inaccessible. Pour obtenir la souveraineté en matière de défense (et en général), l’Europe doit dissoudre l’OTAN, une perspective aussi improbable que nécessaire. » (Varoufakis)

Et quoique que dise Trump, il ne lâchera pas l’Otan, un bon moyen pour les Usa de plier les européens à leur volonté. Il vient de promettre de déployer 5 000 soldats supplémentaires en Pologne, qu’il retirerait peut-être de l’Allemagne. Environ 10 000 militaires américains sont actuellement stationnés en Pologne, la plupart d'entre eux par rotation, tandis qu'environ 80 000 sont déployés dans toute l'Europe.

Il est de même faux d’affirmer que les Usa ne s’intéressent plus à l’Ukraine. Ils n’ont jamais laissé l’Ukraine sans l’aide technologique qui lui permet de surveiller le mouvement des troupes russes, de donner des coordonnées de plus en plus précises aux tirs ukrainiens. Sans cet apport les ukrainiens seraient aveugles comme ils l’ont été quelques semaines quand Trump s’est fâché avec Zelensky. Non, les Usa n’ont pas déserté la guerre en Ukraine. : « Les opérations de frappe profonde de l’Ukraine contre la Russie sont en réalité des opérations américano-OTAN portant les couleurs ukrainiennes. Mais l’OTAN ne fournit pas seulement le renseignement et le soutien satellitaire pour ces attaques, et bien sûr de l’argent pour les drones. De plus en plus, elle fournit aussi les drones eux-mêmes ». (28 mai 2026, Fazi, journaliste indépendant)

Et l’U.E de ressembler à une cohorte de « canards sans tête », effrayés à l’idée que Trump se retire de l’Otan. Malgré leurs discours « hostiles » à Trump, ils demeurent avant tout les supplétifs des Usa. Et ce sont les vrais trésoriers qui financent Zélensky, aux dépends de leurs propres budgets sociaux. En 2025 : 560 milliards ont été dépensés pour les forces armées européennes (Grande Bretagne comprise), trois fois les 190 milliards de la Russie.  Les rencontres ineptes de la brigade des « volontaires » gérées par la triade Macron, Merz, Starmer - trois présidents en perte d’influence dans leur pays respectif - mais sans les moyens militaires pour une guerre avec la Russie, qui ne cessent pourtant de gronder leur envie de guerre contre Poutine qui cristallise tous leurs échecs politiques nationaux et toute leur haine.

La Russie sait et surveille les menaces européennes. Pourtant elle ne varie pas de position. Elle ne compte pas sur le soutien de Trump, elle en connait les sautes d’humeur et elle ne veut pas lui redevoir la Paix. Son arsenal nucléaire est une solide « force de dissuasion » qui tient les ennemis à distance, indépendamment des milliers de drones et missiles que les Ukrainiens tirent sur elle. Elle n’ignore pas les périls rassemblés à ses frontières : « N'oublions pas que des armes européennes sont directement pointées sur nous, et il est impossible de l'ignorer » Dmitri Peskov, chargé de presse du Kremlin.

Or la Russie n’attaquera pas l’Otan, « sauf à répondre aux actes qui mettraient en jeu sa sécurité » (Poutine). Elle reste vigilante : « déployer des troupes américaines supplémentaires près de ses frontières serait « inacceptable », une réponse à Washington qui va envoyer 5000 soldats en Pologne. « Le déploiement de plus de troupes américaines dans la région, par contre, les placerait à une distance de frappe », a ajouté Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères russe. « Une telle démarche ne ferait qu'augmenter les tensions en Europe et obliger la Russie à réagir par des « mesures militaires et techniques ». Elle accuse l'Otan d'avoir poussé le continent vers « un conflit suicidaire ». Et Poutine rajoute : « « L’Europe est partie prenante au conflit aux côtés de l'Ukraine et ne peut pas prétendre à un rôle de médiateur ». (Mai 2026)

 Et ils ont raison et une vision claire d’une situation explosive.  Le livre blanc adopté par l’U.E en mars 2025, pour « sa défense » s’appuyait sur un budget de 930 milliards de dollars. Il a été lancé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour accroître la production massive d’armements et les préparatifs militaires d’ici 2030.

Nous voilà prévenus. La guerre contre la Russie est malheureusement ancrée dans les esprits de nos dirigeants. Le 24 avril, lors de la visite de Zelensky à Berlin, le chancelier Merz a déclaré l’« Ukraine partenaire stratégique » de l’Allemagne ? « L’Ukraine le partenaire bilatéral le plus important » ? Que voilà la belle « amitié franco-allemande » foulée aux pieds par l’Allemagne.  Un vrai pied de nez à la France et à sa proposition d’une force armée « européenne ». Les Allemands ne s’émanciperont jamais des Usa et seront toujours en concurrence avec la France. Et le Wall Street journal d’écrire : « L’Ukraine est désormais la guerre de l’Europe », ce qu’ont toujours voulu les américains ! Et quel tableau affligeant que de revoir une Allemagne en furie de guerre, souriante aux côtés de Zélensky qui venait honorer officiellement, le 26 mai 2026, les cendres de quelques-uns des dirigeants ukrainiens nazis de la période de collaboration ukrainienne sous l’uniforme allemand (1941/1943), pour les réenterrer sur le sol ukrainien, avec une cérémonie : « Gloire aux héros ».

La tension U.E/Russie ne cesse de monter. Le dernier incident chaud, c’est celui d’un énième drone égaré cette fois-ci sur la Roumanie, certainement ukrainien, ou russe brouillé par les ukrainiens, comme tous les autres drones qui se sont écroulés sur les pays frontières avec la Russie. Qu’importe, le clairon sonne, tout le monde affiche une détermination idiote : « Les Russes attaquent un pays de l’Otan ». En réalité « Il existe de plus en plus de preuves que des drones ukrainiens traversent l’espace aérien des pays baltes et autres de l’OTAN pour attaquer des cibles russes » (Fazi). Un drone « égaré » vient d’exploser sur un port Roumain (5 juin 2026).

Une lueur d’espoir, le 10 Mai 2026, Poutine fit une allusion : « la guerre pourrait toucher à sa fin ». Et il proposa en même temps une intermédiation avec Schröder, immédiatement refusée par Kallas et Von der Leyen les deux Méphistophélès en jupon de l’UE.

Quelques jours après, le 22 Mai 2026, l’armée ukrainienne tire directement sur un lycée de filles du Donbass sous administration russe et une dizaine des 85 élèves sont mortes avec beaucoup de blessées.

Un palier a été franchi. Le 24 Mai Poutine lance son missile Orechnik (sans sa charge nucléaire) à plus de 5000 km heure de vitesse, imparable, et annonce son intention de bombarder pour la première fois les centres militaires stratégiques de guerre qui se trouvent à Kiev, ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent.

LA PAIX

Jeffrey Sachs, une voix internationalement écoutée, prof de l’université Columbia, également défenseur des objectifs de développement durable sous la direction du secrétaire de l’ONU, Antonio Guterrse, vient d’écrire une lettre ouverte à Merz, qui s’adresse en fait à tous les dirigeants européens :

« Chancelier Merz, plus que tout autre dirigeant européen, la question de savoir si l’Europe sombre dans la guerre générale, ou revient à la négociation et à la santé économique, vous appartient. L’heure est très tardive. Le message officiel d’hier de Moscou à Washington le dit explicitement. Veuillez ouvrir un dialogue avec le président Poutine. Veuillez envoyer votre ministre des Affaires étrangères à Moscou ou inviter le ministre russe des Affaires étrangères à Berlin. Veuillez rouvrir les canaux de l’OSCE que l’Allemagne a laissés s’atrophier. Veuillez dire à Kyiv de cesser ses frappes sur des cibles civiles. Plus important encore, dites la vérité au public allemand : une paix négociée fondée sur la neutralité ukrainienne est la voie réaliste pour sortir de la catastrophe, et que rétablir une relation économique normale avec la Russie c’est la voie réaliste pour sortir du déclin industriel allemand »

Et il définit ainsi les conditions d’un armistice « Toutes les parties renonceraient à toute future campagne de violence sur la question des frontières. L’Ukraine rétablirait sa neutralité, et l’OTAN renoncerait définitivement à un élargissement vers l’est. L’Europe et la Russie rétabliraient les relations économiques et mettraient fin au bellicisme. L’OSCE redeviendrait le forum central de la sécurité européenne, avec le principe fondamental que la sécurité européenne est indivisible, et non fondée sur des blocs militaires divisant l’Europe. » (..) « L’histoire consignera ce que vous ferez dans les semaines à venir, et ce que vous ne pourrez pas faire. Le public allemand aussi. Il en va de même pour les peuples de Russie, d’Ukraine et d’Europe en général. Il est temps de faire de la diplomatie, Monsieur le Chancelier. Le choix vous appartient. » (29 Mai 2026, Consortium news)

Tout est-il perdu ? Voilà que la voix de Merkel se fait entendre. Elle a déjà reconnu ses torts et son inaction avec Hollande, le Président français lors des accords de Minsk 2014/2015 (« qui permettaient à l’Ukraine de s’armer face à la Russie »). Elle tente aujourd’hui de contrecarrer le bellicisme de Merz en plein naufrage politique après le retour à la conscription militaire pour les jeunes et l’annonce de Volkswagen qui part construire ses voitures électriques en Chine, un drame pour l’industrie allemande.

 Qu’on le veuille ou non Merkel est une figure européenne emblématique. Et en plus elle sait parler à Poutine et en Russe et ils se connaissent déjà. Le 18 Mai, Merkel a déclaré sur la chaine allemande WDR, qu’elle « appelait l’UE à redoubler d’efforts diplomatiques pour parvenir à la Paix avec la Russie. Elle estime par ailleurs qu’il n’est « pas suffisant » que seul Donald Trump maintienne le contact avec Moscou. Elle plaide donc une double approche : « dissuasion militaire + activités diplomatiques ». (TFI Info)

Les guerres sont des instruments du capitalisme pour intensifier l’exploitation de la force de travail et générer de plus en plus de bénéfices soustraits à la richesse commune.

La lutte pour Paix contre les guerres est toujours possible. Mobilisons-nous comme en Allemagne ou en Italie, etc. Mobilisons-nous en France contre les industriels de l’armement qui ont fait de la France, avec Macron, le 2ème pays exportateur du monde après les USA, et tête de pont avec l’Allemagne et la Grande Bretagne du désir de guerre contre la Russie.

Mai 2026