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Il était tentant de voir ces élections municipales comme un avant-goût de la Présidentielle.  Or il n’y a rien à voir entre les municipales locales et le rapport direct des citoyens avec leurs édiles, et celui entre les citoyens et le Président de la France. Qui peut lire dans la boule de cristal, serait le bienvenu.

Les Français ne veulent plus de Macron. Et le climat en France est à l’orage. Il est surtout détestable à l’Assemblée nationale où chacune des forces en présence affronte les autres … en paroles pour l’instant.

Mais quelles paroles !  Par exemple celles de Me Panot cheffe de la FI au parlement. Elle a sous-entendu, dans une déclaration, tout en se revendiquant de "l'antifascisme" que la FI "n'acceptera jamais que le fascisme prenne le pouvoir légalement par les urnes, ce que veut faire Marine Le Pen » et qu’elle-même « quitterait le pays » (Europe 1, 23 février 2026).

A noter que le « fascisme » et le « racisme » sont les deux luttes principielles de l’extrême gauche et de la FI, qui ne voient que deux menaces pour la France : A/ La montée du RN, comparée au modèle de l’Allemagne nazi, des années 20 et de la montée d’Hitler sa guerre féroce contre le mouvement ouvrier pour finir par la servilité forcée du peuple allemand, le transformant en nazis, et in fine œuvrant à la destruction des Juifs dans les camps de la mort. B/ dont les victimes sont aujourd’hui : les « Français racisés et musulmans ».

La France serait-elle structurellement raciste, un fascisme d’Etat, comme le dénoncent la FI et l’extrême gauche ?  D’après le journal le Monde, La France est devenue en 2025 le premier pays pour le droit d’asile en Europe, le regroupement familial est acté par la République, comme l’aide médicale bénéficie à plus de 400000 sans-papiers etc. Et sur les 7,7 millions d’immigrés en France en 2024 (15 millions avec leurs enfants), 2,6 millions ont pris la nationalité française. Il existe des tensions, certes, comme des refus par exemple à l’embauche, ou l’accès au logement privé, et surtout des tensions liées à la criminalité de certains mineurs liés aux clans de narcotrafiquants, ou des djihadistes en herbe qui peuvent assassiner au nom d’Allah un professeur comme Samuel Paty en février 2020, dont un film vient d’être présenté au festival de Cannes 2026 pour tenter de comprendre l’inexplicable.

Cet affrontement empoisonne tous les débats politiques. Le climat politique est donc brutal et il le sera encore plus pendant la campagne de la Présidentielle. La crise de l’énergie, les guerres d’Ukraine, de la Palestine et de l’Iran, ainsi que les turpitudes de Trump ailleurs aident largement à un climat de violence, ou au contraire à la morosité ambiante. Et bien que la jeunesse de gauche soit désemparée, elle s’est mobilisée pour Gaza et la Palestine.

Bref, ces élections se déroulèrent dans une ambiance délétère marquée par la crise de l’alliance de gauche le NFP, (Nouveau front populaire) formé en 2024 pour les le élections législatives et qui a été rompue en 2026 par la décision de la FI qui voulait que toutes les forces de gauche adoptent sans discussion son programme « tout le programme, rien que le programme », et acceptent en réalité la candidature unique de JL Mélenchon pour la présidentielle de 2027.! la FI s’est donc présentée seule, sauf quelques accords dans quelques  villes que la « gauche de gouvernement » pensait perdre si elle se présentait seule...

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Ce tableau du résultat du premier tour est celui qui exprime le mieux le rapport brut de force entre les uns et les autres avant les alliances du deuxième tour.

Ainsi, donc, tout le monde s'est félicité de ses "résultats en progression", du RN de Bardella, au PS en passant par Attal, futur candidat pour la présidentielle 2027, tout en ignorant un taux d'abstention de 43% c'est à dire qu'un peu plus d'un Français sur deux a voté !

Le RN et ses alliés ont glané 62 communes. L’essentiel de ces mairies du RN se trouve dans ce lacis des petites et moyennes villes périphériques celles de la France « éclatée », « oubliée » où « snobée et méprisée » par les autres forces politiques et le gouvernement, bien que le parti soit très présent dans les grandes villes il n’y a pas eu assez de votes pour l’élire. L’avantage est à droite avec la droite républicaine, qui s’est emparée de plusieurs fiefs historiques du PS – Brest, Clermont-Ferrand, Tulle, Cherbourg (Manche). Et cela lui a mis du baume au cœur.

Gabriel Attal, Renaissance, malgré un appel genre « suivez-nous, on coule » pense lui aussi qu’un espace s'ouvre pour les héritiers de Macron, c’est-à-dire lui seul. « Les électeurs de la gauche républicaine et de la droite républicaine trouveront toujours chez Renaissance une maison qui les accueille », prend-il soin de noter. (Les échos, 22 mars 2026). Or s’il y a une leçon à retenir de ces 10 dernières années, c’est la catastrophe Macron du « ni gauche, ni droite » mais toujours une droite centriste.

Les écolos, sont en perte de vitesse et ils pourraient même devenir insignifiants hors « front uni. » Six ans après la « vague verte », nombre de maires écologistes ont été battus au second tour de ces municipales, à Strasbourg, Bordeaux, Besançon, Annecy, Poitiers… Les verts ont sauvé les meubles à Lyon, Grenoble ou encore Tours, et ils considèrent avoir renforcé leurs positions ! Qu’ont-ils proposé aux citoyens pour être ainsi éliminés par les autres formations politiques ? Rien, de gentilles réformettes, du voisinage amical, du vélo, de la végétalisation dans des villes qui auraient eu besoin d’un renfort de la sécurité avec une police de proximité, et d’un coup de pouce pour des emplois industriels, alors que le combat de « classe » se durcit avec un patronat à l’attaque. Ils sont passés de justesse à Lyon, ville qui est devenue depuis plusieurs années le bastion du révisionnisme universitaire d’extrême droite, là où s’est déroulé, en Février 2026 le meurtre de Quentin, jeune d’extrême droite, par un militant de l’ex Jeune Garde, dissoute et « anti fa » issue des rangs des jeunes de la FI, et très prisée par Mélenchnon. Les Français ont été bouleversés et ils ont condamné JL Mélenchon qui soutenait l’ex créateur de ce groupe, élu député à l’Assemblée nationale de la FI, et dont l’assistant parlementaire a été pris sur les lieux de la rixe mortelle.

Dans les villes où le PS s’est présenté seul, sans accord avec la FI, le PS a emporté : Paris, Marseille (que briguait la FI) et Rennes, Montpellier, Lille etc... Seule Nantes a pu être gagnée avec un accord PS/FI. Sinon, dans toutes celles où il y a eu accord avec la FI, le PS a été battu : à Toulouse, Limoges, Avignon, Clermont-Ferrand, Tulle, Brest. Ce qui fait dire à Jean Luc Mélenchon : « le PS nous [LFI] a entraîné dans sa chute » et la réponse immédiate de Faure premier secrétaire du PS : « Jean-Luc Mélenchon c’est « le boulet » de la gauche » (le Monde 23 mars 2026). Difficile d’imaginer dans ces conditions de guerre fratricide un accord pour la Présidentielle 2027 avec la FI.

La rupture au sein du NFP entre le PS et la FI s’est faite quand le PS, « parti de gouvernement », ne voulut pas censurer le projet de budget du gouvernement Lecornu/Macron pour 2026, afin que l’Etat y compris social, puisse fonctionner un minimum, sans augmenter une dette de plus en plus lourde. Lecornu a annoncé ramener le déficit budgétaire autour de 4,7% du Pib en 2026, contre 5,4% en 2025. En contrepartie, Lecornu s’engageait à non pas abandonner mais « suspendre » la réforme des retraites jusqu’en 2027, et augmenter certaines aides aux ménages aux faibles revenus et aux étudiants, par exemple la cantine dans les facs à 1 euro, qui a été actée...

Combien de temps la promesse du gouvernement ? Aujourd’hui Lecornu parle du besoin d’économies plus importantes, tout en obtenant de l’Assemblée nationale, une dotation aux armées de 36 milliards d’ici 2030 (près de 500 milliards en tout, de 32 milliards en 2017 à 65 milliards par an jusqu’en 2030) ! La France est devenue ces dernières années le deuxième exportateur d’armes, juste derrière les Usa et emploie plus de 250000 salariés, pour répondre « aux nouvelles menaces » c’est-à-dire ce projet fou de Macron et son Etat major, de préparer la guerre contre à Russie. On comprend alors pourquoi aucun mouvement contre la guerre et pour la Paix n’a jusqu’alors rempli aucune des places de France de manifestants ! Et ce n’est pas le thème de la FI.

Enfin la FI, qui menait sa première grande campagne des municipales, a réussi dans une dizaine de villes de moyenne importance, déshéritée et à la pauvreté endémique, parmi lesquelles Roubaix (Nord) et surtout Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) terre d’expérience de la « créolité », avec l'élection au premier tour, de Bally Bagayoko, maire et redoutable débateur mais qui refuse, avec raison, d’être « racisé » comme le présentait la FI. C’est-à-dire, être assigné comme Noir en victime de la France coloniale ! La FI a, avec grand bruit, adopté une stratégie uniquement orientée sur la mobilisation du vote abstentionniste dans les quartiers populaires où la jeunesse, de préférence « d’origine immigrée » venant du Maghreb et d’Afrique du Sahel et qui votent peu ou pas du tout ! Les élus de la FI, par ailleurs, dont certains des dirigeants rapprochés de JL Mélenchon, sont souvent élus là où le taux d’abstention est le plus élevé (60% d’abstentions) mais aussi une majorité de musulmans. Cette stratégie n’a pas porté partout ses fruits, mais elle est quand même saluée comme une victoire : « C’est la première fois qu’on se qualifie au second tour ; 48 % à Toulouse, si ça, c’est un plafond de verre, ça me va », raconte le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, qui a perdu Marseille.

De son côté, le Parti communiste (PCF), revendique plus de 400 maires et plusieurs milliers de conseillers municipaux (250 villes au premier tour), en partie en alliance avec la FI dans 12 villes surtout dans l’ex « banlieue rouge » de Paris, où il conserve quelques forces, appréciant sa gestion sociale.

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2027 c’est aujourd’hui que ça commence. Bref, l’ensemble des forces politiques sont satisfaites, soit parce que les villes qu’ils pensaient perdre ne l’ont pas été, soit que la perte a été compensée par le gain d’autres villes. Dans le reste des villages et les petites agglomérations, les élus sont généralement sans étiquettes. La France affiche 34875 communes en janvier 2026 ! Un héritage de la Révolution Française de décembre 1789 et ses 44000 communes !

Bref, tous vont reprendre le harnais pour la Présidentielle de 2027, en ordre dispersé et là, aussi, rien n’est gagné.

La fuite en avant des candidatures pour la Présidentielle 2027. Peu après la publication des résultats, Le nombre de candidatures s’annonce exponentiel tant à droite qu’à gauche.

Le résultat du premier tout sera donc vraisemblablement RN, toujours donné premier parti de France estimé à 40/45 % de votants. Il y a un mais : « SI » Marine le Pen - en attente de jugement définitif contre le RN pour avoir utilisé les fonds de l’UE et alimenter son secrétariat RN - en est disculpée. Avec Bardella, c’est moins sûr, eu égard à sa jeunesse et son net penchant pour le patronat et « la noblesse », sa future compagne est la fille de l’une des familles royales italiennes historiques les plus riches : Maria Carolina de bourbon des Deux-Siciles, (Naples et la Sicile).

Pour le RN rien n’est gagné. Il se heurte toujours à deux problèmes. Ce n’est pas la campagne « contre le fascisme » de l’extrême gauche/FI qui lui importe, mais essentiellement son manque d’alliances. Pour l’instant le RN n’a enregistré comme allié que Ciotti, ancien Président du parti des LR (Les Républicains). Sauf que du côté de la Droite républicaine, on commence à entendre des voix qui prônent « une alliance avec le RN ». Ce n’est plus du tout un tabou alors que les appareils y sont toujours hostiles. L’autre problème du RN, c’est celui au moment du vote, d’électeurs saisis devant l’urne par un fort réflexe républicain qui ne peuvent vraiment pas voter pour un parti d’extrême droite.

A droite les candidatures « Républicaines » comme Retailleau, ex ministre de l’intérieur qui vient d’être désigné candidat à la Présidentielle. Mais il peut en surgir d’autres qui annoncent des propositions de « réformes » qui n’ont plus rien à voir avec le « gaullisme social » et ce n’est pas peu dire ! Et chez certains l’envie d’une « alliance sauve qui peut », les portent à l’accord avec les objectifs généraux du RN : la sécurité, l’immigration, déréguler le social, bref « la France libre » mais privatisée.

Pour les centristes Macron, tout est perdu si c’est Attal qui se baptise « l’aile gauche de Macron » : Rires ! Ce jeune et triste fat veut « réformer l’âge légal du départ à la retraite en le supprimant et en basant le calcul de la retraite sur la durée de cotisation ». De quoi ravir le patronat qui gagne en souplesse de gestion des emplois et en « coût ». Par exemple un salarié épuisé au bout de 30/35 ans de travail voudra partir même si sa retraite est entachée d’une décote. Et pire, le projet Attal comporte une part de capitalisation boursière. Fini, l’Etat providence. On sait combien des millions de salariés américains ont perdu leur retraite avec la chute des cours en Bourse, ou avec la faillite ou la vente de leur entreprise.

L’« actionnariat salarié » c’est la carotte qui fait avancer l’âne. Le système gère les cours dans la salle des « marchés » et les salariés, représentés dans le capital de leur entreprise, n’y jouent cependant aucun rôle, ils n’ont qu’un droit de véto facultatif, non décisionnel sur la gestion du capital ; ils doivent avant tout produire des bénéfices. Ainsi, un salarié aura l’impression de décider, alors qu’il vaudra beaucoup moins cher à la caisse de retraites, sachant d’autre part que ce sont les dernières années qui lui manqueraient qui rapportent le plus car en fin de carrière, le salaire est en principe au plus haut. De quoi relancer le mouvement des retraites lors de la Présidentielle.

 Non, le candidat possible du « centre droit » c’est Philippe, l’ex premier ministre de Macron, le « maire du Havre » de droite/droite, mais compatible avec l’héritage de Macron, qui plaide pour une retraite à 67 ans et un programme nettement européen, vive Ursula Von der Leyen et tutti quanti. Philippe c’est le « désastre social En marche » (en marche, l’autre slogan des adeptes de Macron,) ! C’est le candidat de l’UE et des médias comme le Monde, le Figaro etc. et la campagne est lancée... Sauf, voilà qu’une enquête judiciaire pour ‘détournement de fonds publics » vient de lui tomber dessus ! Cela dit, les Français sont habitués depuis des années aux malversations de leur élus. Sarkozy vient d’être condamné à 7 ans de prison pour le financement « libyen » de sa campagne présidentielle avec Kadhafi. Un roman fleuve qui a passionné les chaumières. La République n’est plus vertueuse. Le fut-elle jamais ?

Le drame de la gauche c’est de s’être de plus en plus fracturée. Quand on voit la quantité de signatures des groupes et Partis qui annoncent des manifestations ou des meetings de « rassemblement », c’est souvent vertigineux. Le « on marche séparément, mais on frappe ensemble » ne fait plus recette. « On reste séparés ». La gauche a toujours été divisée entre « réformistes » et «révolutionnaires », elle est aujourd’hui morcelée en petits groupes attroupés autour d’un homme ou d’une femme charismatique, sortant de la direction de tel ou tel parti social-démocrate, ou communiste ,ou révolutionnaire, les trois grandes familles du « socialisme », (sans les anarchistes), qui disons-le, ont tous échoué à leur mission de faire de la classe et du peuple, un peuple émancipé, autonome, autogestionnaire, et capable de gérer la société sans compromissions avec le capitalisme.

La « gauche de gouvernement » (les ex de la « gauche plurielle » depuis 1997/2002 avec Jospin premier ministre PS) ne cesse de s’éparpiller et proposer plus d’une dizaine de candidatures qui veulent une primaire pour les départager, car ils sont incapables de choisir eux-mêmes entre les différents égos, le ou la meilleure d’entre eux pour défendre leur programme qui de rouge est passé rose clair et verdoyant.

Et enfin la France Insoumise qui veut occuper toute seule le terrain de la gauche réformiste. JL Mélenchon est sorti du Parti socialiste -après un passage dans un groupe Trotskyste, l’OCI – car il s’est pensé un destin national. Il a grapillé et réuni autour de lui de petits groupes issus des différentes crises du PS, du PC, du Trotskysme, tout comme Mitterrand venant de l’extrême droite, l’a fait avec les diverses familles socialistes de l’après-guerre. Il a plusieurs fois muté de discours sous divers drapeaux : a/ la République ; b/l’immigration ; c/la « créolisation » de la société française. Et là il fait fort : il explique la France « racisée », « intersectionnelle », « une langue française créolisée » placée sous l’autorité d’une « Académie française » rebaptisée « Académie de la Francophonie », etc. Hors de l’immigration essentiellement maghrébine et africaine, il n’y a plus « de Français.». Les « Français, Françaises blancs et blanches, vieux et vieilles, tous racistes, etc.. » sont donc les ennemis qu’il veut dessaisir de leur langue, de leur art de vivre, de leur culture et d’un idéal sublimé par la Révolution française : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Il professe aussi un antisémitisme pesant, qu’il confond avec la lutte politique contre Netanyahou et l’extrême droite israélienne religieuse.

Bref, un JL Mélenchon « anti France » déclaré contre tout ce qu’est, pour lui, la « vieille France ».  Il faut remonter assez curieusement la campagne de l’extrême droite à la fin du 19ème siècle, où le terme « anti France » est utilisé contre ceux qui s’en prenaient aux « intérêts de la France », (Juifs, Francs-maçons, etc..) qui soutenaient l’innocence de Dreyfus, officier de l’armée française, condamné parce que Juif, pour espionnage à la solde des Allemands (1894/1906) et défendu par le « J’accuse » d’Emile Zola en 1898. Sauf que c’est JL Mélenchon ici qui s’en prend « aux intérêts de la France » et des Français. Le « j’accuse » de JL Mélenchon, c’est contre la « vieille France », alors que sa « nouvelle France », est faite d’exclusions.

JL Mélenchon, est un homme complexe, qui monopolise l’attention des médias par des éclats de colère, orateur très tribun 3ème République, il peut se contredire en un instant. D’abord héros des valeurs de la République, de la laïcité, et contre le port du voile pour les femmes, il finit par leur opposer les « musulmans opprimés » et vanter ses amitiés avec l’islamisme politique. Il sait flatter et faire rêver ceux de la petite bourgeoisie intellectuelle, de la classe moyenne et des diplômés de Sciences Po (dont est sortie une partie de sa jeune garde rapprochée) qui espèrent un « avenir heureux », sans la menace d’un déclassement, d’une déqualification par l’IA, hostile envers des « gueux » qui prétendent vouloir vivre mieux, comme les Gilets Jaunes (2018), que la FI à d’abord suspecté de fascisme pro Le Pen. Bref Mélenchon, veut le pouvoir.

Lorsqu’il a annoncé avant tout le monde sa candidature à la présidentielle il a dit qu’il pourrait ne pas être élu, ce qui est vraisemblable. Sans alliés, avec son programme « rien que le programme, et tout le programme » il coince les autres « gauches » dans un dilemme : « si je signe un accord, je dois défendre et le programme et la candidature de JL Mélenchon », une reddition à laquelle ces gauches-là, ne veulent pas forcément se plier et se rendre à Canossa » ! Pour l’instant seule une petite fraction d’extrême gauche appelle à rejoindre Mélenchon, comme le NPA de Besancenot, triste fin pour l’ex Lique Communiste révolutionnaire trotskyste (4ème internationale) qui eut ses heures de gloires dans les années 1970/2000 et s’est depuis réduite à un simple groupuscule.

Mélenchon offre un rêve de revanche à tous ses militants déconfits par leurs échecs et galvanisés par le « siamo tutti anti fascisti », « contre le racisme et le fascisme ». Toutefois, il n’est pas implanté dans le salariat. Sauf une petite partie des salariés déjà acquise aux idées de l’extrême gauche charmée par le langage radical de la FI.

Le patronat a-t-il besoin du fascisme ? Pendant ce temps-là le patronat n’a pas besoin du « fascisme » comme dans les années 1920 pour museler et asservir la classe ouvrière. Il y a le smartphone le privant de la liberté de rêver, la transformation des salariés en consommateurs aux intérêts contraires, le projet de remplacer les salariés par l’IA qui arrive après une grande vague d’informatisation dans le tertiaire, l’industrie et la vie courante.

 Exemple dans l’automobile, la Chine s’impose. Le modèle industriel Chinois est stupéfiant : des usines de fabrication de voitures électriques sont entièrement livrées au travail de robots, sous la surveillance d’une petite équipe d’ingénieurs et de technicien. Il est facile de comprendre alors pourquoi – face à cette concurrence – Stellantis vient de décider de de produire en France ses autos avec les Chinois.

L’économie européenne est repartie après la guerre de 1940/1945 autour du développement de la voiture qui faisait intervenir tant de métiers différents. Il est admis qu’un emploi industriel génère 4/5 emplois dans les services. Il y a 30 ans les constructeurs européens et américains délocalisaient leur production en Chine. La Chine a vite appris et c’est elle aujourd’hui qui vient nous faire partager et vendre son « savoir -faire ».

Quid du projet alternatif des verts et de la gauche pour des transports publics adaptés aux besoins de déplacement des habitants des communes aux grandes villes ? Il est largement battu en brèche.

Le capitalisme et le patronat s’organisent toujours pour augmenter leur part de plus-value (les bénéfices), en attaquant les droits sociaux, le temps de travail, l’âge de la retraite, en continuant à délocaliser et en rejetant des centaines de milliers d’emplois devenus obsolètes. La crise du travail s’annonce très rude. Mais qui organise le salariat pour qu’il propose ses alternatives ?

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Cette élection présidentielle démarre donc sous de mauvais auspices avec la division des « gauches » et un rapport des forces inchangé entre les 3 blocs. Par contre il est certain que personne ne regrettera Macron.

Nous n’avons jamais connu en France une telle accélération de remaniements intempestifs du gouvernement. A peine arrivé, à peine remplacé par un président qui visiblement ne supporte pas d’idées autre que les siennes. De plus en plus, éloigné des Français, il fut avant tout l’homme de la guerre de l’Ukraine contre la Russie avec une multiplications d’initiatives coûteuses de « quelques milliards » (500 milliards pour le réarmement sur 10 ans) pour un pays qui fait appel aux marchés financiers pour payer ses fonctionnaires ; de la « brigade des volontaires » siégeant dans les ors de la République et de Bruxelles ; de la triade «Merz, Starmer, Macron », les « bénis oui oui » de l’Amérique et de Trump, avec Starmer en échec électoral avec le retour de Farage Mister Brexit, un Merz, plus militariste que lui tu meurs et au bord de la crise de nerf taclé par une AFD en pointe, et enfin un Macron qui ne va pas beaucoup mieux, qui pérore çà et là jusqu’en Afrique, et, ouf ! son mandat va prendre fin en 2027, car les Français n’ont pas eu le caractère pour le destituer !

Dans une France amoindrie par 10 ans de gestion Macron, un européiste fervent qui ne dit plus « souveraineté du peuple Français », mais « souveraineté de l’Europe, l’UE comme ensemble fédéral impérialiste, et qui s’attacha à privatiser et vendre quelques bijoux de famille industriels encore sous gestion ou contrôle de l’Etat. Bref il y a plus de milliardaires en France que jamais et la division entre riches et le reste des Français ne fut jamais autant marquée. Bilan peu flatteur : plus de 13% de Français vivent sous le seuil de pauvreté, près de 20 % ont un salaire inférieur au Smig (1400 euros net), 50% des Français ont un salaire moyen de 2200 euros, le loyer pour un logement coûte en moyenne nationale de 25% à plus de 35 % du salaire moyen ! Le chômage est remonté à 8,1% de la population active. Ces chiffres cachent différentes et rudes disparités selon les régions, de l’emploi à temps plein ou non, du chômage et la vie en grande ville ou en « ville périphérique ». Celles-ci sont devenues « le désert Français » car abandonnées par toutes les représentations de l’Etat : écoles, hôpitaux, cabinets médicaux, transports etc... La masse des abstentionnistes et du vote Le Pen.

Plus d’une personne est démoralisée par la fragilité de sa situation de salarié dans des entreprises assaillies par la mondialisation et la concurrence des pays « à bas coût sociaux », en France, dans l’UE même, ou à l’international. C’est une guerre sociale incessante menée par les gouvernements pour réduire toutes les victoires passées des « acquis par les luttes ».

Quelle analyse pour JL Mélenchon sur son blog : « L’enseignement est clair : la France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique (*), la font reculer », « À nos yeux, l’essentiel est l’émergence politique de la « Nouvelle France » partout prise en charge par les listes insoumises. ». La « Nouvelle France » ? Le « renouveau générationnel de la France » ? JL Mélenchon revient-il aux classiques de la République ? Non, la « Nouvelle France » c’est son électorat. Une guerre contre la culture, l’esprit des Lumières et de « l’art de la conversation » de la France des XVII et XVIII siècles, jusqu’aux dernières créations littéraires ou artistiques contemporaines, c’est-à-dire pour un magma linguistico-politique qui tuera le Français. Mélenchon, n’est pas marxiste. Il sait qu’il ne peut pas « tuer le capitalisme », alors il décide de mettre en route le « suicide » de ce qui fait la France « Une », politique, sociale et universaliste.

Les recettes de la « Nouvelle France » de la FI qui divisent le pays, ne pourront pas renverser le « capitalisme » d’abord elle n’en a pas l’intention et ses mesures seront insuffisantes, sans un mouvement important, solidaire, autonome, massif pour l’autogestion de la société française, de tous les salariés et citoyens, pour renverser avec enthousiasme cette situation, c’est la faiblesse des « gauches » et ses bavardages pour « « la rupture » qui marquera cette élection Présidentielle.

 

Mai 2026