Le Macronisme est devenu un cauchemar pour la démocratie française.
Une représentation nationale morcelée en divers petits pouvoirs qui s'affrontent à droite et à gauche, un parti classé à l’extrême droite qui frôle les 30% avec le Rassemblement national des le Pen/Bardella. Et une « majorité » d’opérette qui veut gouverner, sans être soutenue par les Français, en quête d’alliances à droite ou avec le PS : les « Macronistes », qui signent l’échec d’une politique centriste de deux mandats.
Les fondements de la 5ème République basculent ; elle a été conçue pour gouvernement de majorité entre deux forces politiques la gauche et la droite. Pour une France souveraine. Or le « chef de l’Etat » actuel parle essentiellement de « souveraineté européenne » comme si la « souveraineté du peuple Français » était devenue obsolète et caduc le rapport privilégié entre les citoyens et leur Etat !
Nous vivons donc une profonde crise politique, d’abord celle du « bipartisme », remplacé par une groupuscularisation des groupes politiques s’alliant, ou non, en « blocs d’affinité électoraliste », et sans prise réelle sur la politique de Macron. Les gouvernements peuvent utiliser l’art 49.3 de la Constitution, comme le fit Rocard en son temps, ou par exemple Elisabeth Borne sur les Retraites de préférence, ce qui lui permit de faire passer les lois anti sociales sans débats à l’Assemblée Nationale. Et s’ils ne le font pas, comme l’annonçait Lecornu, 7ème Premier ministre en place depuis l’élection de Macron, pour le respect des « débats démocratiques à l’Assemblée Nationale » il dispose en fait de tout un dispositif légal qui lui permet de faire sa politique par « ordonnances » là aussi sans passer par le vote de l’Assemblée Nationale. Mais après quelques mois et la collaboration active du PS, qui prolongea ainsi la vie de son gouvernement, Lecornu vient de recourir au 49.3 pour le budget 2026
La 5ème République : une République « monarchique » où le Président dispose de tous les pouvoirs !
Celui d’être LE « chef des armées » et de LA « diplomatie Française » ! Par exemple, Macron a décidé de faire du soutien inconditionnel à Zelensky et à la guerre en Ukraine, une aide permanente d’envois d’armes et de finances, bien que limitées par la situation financière de la France ; de se montrer plus européen que tous les autres en créant la coalition des « Volontaires » pour poursuivre la guerre « par procuration » et « d’affaiblissement de la Russie », au prix, pour l’Ukraine, de centaines de milliers de soldats et de civils morts ou blessés, et de destruction massive de l’Ukraine ; la France est d’autant plus coupable qu’elle n’a pas su gérer pacifiquement les accords de Minsk 2014/2015, rôle qui lui incombait à Hollande et Merkel, ni en retenir la leçon, ni garder un canal de relation avec Poutine, et sans une analyse critique de l’échec de la France.
Pire, Macron annonce un nouveau service militaire « volontaire » de 3000 jeunes (sic) pour 2026. Et programme le suicide militaire de la France, par son projet d’envoi de « milliers de soldats Français sur le sol ukrainien » sans être vraiment clair : « pour la guerre » ? Ou « pour la Paix » ?
En réalité cette politique étrangère de « gros bras » - sans les moyens – veut dire aux Américains que la France reste puissante, et particulièrement à Trump qui ne cesse par ailleurs de ridiculiser Macron chaque fois que celui-ci le contrarie.
La politique d’indépendance de la France de de Gaulle n’est plus que le lointain souvenir d’une puissance. De Gaulle taillait le cadre juridique de la 5ème Constitution à son image. Tous les présidents qui l’ont suivi n’ont jamais suivi réellement sa conviction pour une France rayonnante dans le monde.
Nous vivons une crise de la représentativité, la méfiance envers les élus, une distanciation avérée entre les élus et le peuple.
Les Français, ne sont jamais consultés sur les choix sociaux, militaires et diplomatiques. D’où les mobilisations fortes et parfois insurrectionnelles dans la rue, d’un peuple soucieux de ses libertés qui étonne ou crée la sympathie chez les autres peuples européens. Il est vrai que le seul Président de la 5ème République qui consulta les Français par référendum, sur une réforme du Sénat et la création des régions, et qui démissionna immédiatement après un rejet de 52% de « Non », ce fut de Gaulle en 1969, fondateur des règles de la 5ème ! Depuis, chaque Président sait que quelle que soit la question référendaire, les Français lui répondront « Non ». Comme lors du référendum sur la Constitution européenne mise en musique par Giscard en 2005, 55% de Non, sous la présidence de Chirac qui ne démissionna pas !
Les élus semblent trop souvent vivre pour eux-mêmes. La politique est visiblement pour certains un "choix de carrière", aux caractéristiques communes du "Bloc central", les députés « Ensemble pour la République », choisis sur CV : moyenne d'âge, pas de parcours militant précédent remarquable, "grandes écoles", carnet d'adresses, etc., et la défense de leurs propres avantages : émoluments, facilités de pantouflage, etc...
Ce système de la « Casta » est apparu en Italie dans les années 1980 avec un Berlusconi peu respectueux des lois et du droit italien, (« les juges sont des communistes ») et des femmes ; une gestion du pays « comme mes entreprises » par un riche businessman des médias et du bâtiment. On pense immédiatement à Trump, magnat du bâtiment et amateur machiste de femmes. Mais on peut aussi penser à. Macron, ex banquier de la Finance des Affaires, et à presque tous ses ministres qui a un moment ou un autre, ont été sous le coup d’une mesure judiciaire. Depuis 2017, 178 Ministres ont été nommés par Macron ! Un record !
Et nous vivons donc une crise économique et sociale. On aura beau dire mais l'endettement de la France de 320 milliards d'euros en 2026 (soit plus de 1000 milliards d'euros depuis l’élection de Macron) va nous coûter très cher.
La droite a choisi cette opportunité pour combattre vent debout la solidarité sociale : tous les Ministres de Macron sont tous porteurs du même message : « travailler plus pour gagner moins », et s'attaquent "aux avantages acquis" par les luttes du monde du travail, aux salariés, aux retraités, aux plus démunis, à la Fonction publique globale, etc.
Le programme : « tout privatiser des services publics », et même certaines fonctions régaliennes, comme les Américains l’ont déjà fait pour certains corps de leur armée. Une note de Lecornu, ex ministre des armées, à laisser filtrer un document sur l’adoption du principe d’un contrat « public-privé » de certains corps de l’armée.
Une vraie guerre de classe et de haine sociale. Macron a tout simplement décidé de tourner la page de "l'Etat providence", de briser le consensus entre les citoyens Fiançais et l'Etat. La fin d’un cycle mensonger d’une « globalisation financière capitaliste heureuse ».
Une Assemblé Nationale houleuse et extrêmement divisée démontre le pourrissement de la République et un glissement du pouvoir vers un "parti de l'ordre" favorable au capitalisme plus qu'au "peuple", même s’il se revendique de la souveraineté de l’Etat : le RN. Comme un peu partout ailleurs en Europe.
Les élections Municipales de Mars 2026, en tenant de leurs spécificités locales, seront à analyser, car elles se tiennent 1 an avant la Présidentielle et peuvent donner des indices sur qui gouvernera la France en 2027.
Ce ne seront pas les LR, droite de plus en plus dure, qui ont définitivement abandonné le "gaullisme social" pour un « Etat à la Trump/Milei », et la défense des couches supérieures de notre société ! Ils s'acoquinent avec Macron très affaibli pour reprendre la main politique sur le pays et parfois avec des "alliances conjoncturelles" avec le RN des le Pen/Bardella !
Ce ne sera pas le RN faute d’alliances pour gouverner. Et un vieux fond républicain anti fasciste français ressurgit souvent au moment de mettre son bulletin dans l’urne, pour préférer l’abstention.
Serait-ce l’alliance du Ps, des verts et du PCF, sans la FI ? Le Ps s’est entaché avec ses manœuvres de soutien au gouvernement Lecornu pour le budget 2026. Les verts sont devenus inaudibles et le Pcf de donner des gages qu’il s’est bien débarrassé des scories du stalinisme. ! La « gauche bobo et plurielle » est devenue celle d’une génération qui a fait son temps et n’a connu que des échecs.
La FI elle aussi sans alliances, malgré les discours enflammés de Mélenchon qui sonnent parfois justes sur la situation actuelle ? Non. Le « je suis moi aussi un maghrébin » sent trop la récupération hypocrite du vote des musulmans de France pour être crédible, sans parler de son sectarisme coutumier et de celui de sa jeune garde rapprochée.
Quant aux « Centristes de Macron » ils devraient exclus pour un temps indéfini de tout avenir politique d’importance !
Alors,
Sans un mouvement majoritaire de résistance et de propositions, portant un nouveau programme « débattu et accepté par tous ». (Rappel : il y eut des oppositions chez les signataires de l’ex NFP - Nouveau Front populaire, qui refusaient l’opération de prise de pouvoir sur les autres forces de la « gauche »),
Sans un mouvement démocratique d’ensemble comme celui qui réunit les Français sans exclusives, mobilisés et discutant « dans les villages » contre la Constitution européenne de 2002, ou celui des Gilets jaunes de 2018/2019 porté par un vrai esprit républicain,
Sans référence à un socialisme démocratique, non sectaire, autogestionnaire, ouvrant aux citoyens le pouvoir sur toutes les Institutions de la commune à l’Etat, en passant de l’atelier à la direction de l’entreprise,
Sans remise en cause et critique de l’ « atlantisme » de ces trente dernières années qui a fermé les yeux sur toutes les guerres de l’Empire au nom « de la démocratie et du changement de régime »,
Sans faire la « guerre aux guerres » de Macron, qui dit d’une part « vouloir redialoguer avec la Russie » et de l’autre envoyer des « milliers de soldats Français en Ukraine » sans que l’on comprenne clairement, si c’est pour une guerre contre la Russie, ou pour garantir la Paix, et monter une opération militaire dissuasive au Groenland contre Trump, et sans que nous ne soyons consultés !
Il n’y aura pas de pause dans la destruction de la société et du prolétariat par le capitalisme ! Il n’y aura pas de pause du côté prolétariat.
Janvier 2026