Avec Sarkozy toujours plus d'arbitraire, moins
de démocratie...
Les nouvelles élections
régionales, en mars 2010, pèseront comme toute mesure sur l'ensemble des
relations sociales au carrefour des menaces fiscales de Sarkozy et des
conséquences de la suppression de la taxe professionnelle et de la réforme territoriale.
La volonté de l'omni-président est de réduire encore les marges de la démocratie.
Le dessein à terme est de donner de plus en plus de pouvoir à chaque gouvernement,
en réduisant la démocratie au profit des structures globales d'une Europe dominatrice
écrasante face à chaque Etat national. Pour contrôler et diriger chaque Etat il
s'ensuit que disparaissent aussi la démocratie locale et régionale, ses choix
et son indépendance au niveau régional. Plus que jamais l'autorité est remise systématiquement
entre dans les mains des préfets. La longue défaite des peuples européens passe
par le détricotage de leur histoire.
Directeur
d’études à l’EHESS et directeur du CEMI-EHESS
Telle
qu’elle se dessine aujourd’hui, l’élection présidentielle de 2012 risque
d’être
marquée par un trop-plein de candidats, compensé par une pénurie de
programme.
Pourtant, nous sommes depuis l’été 2007 dans la plus grave crise
économique que
l’on ait connue depuis celle de 1929. Elle se double d’une crise
géostratégique
et d’une crise environnementale qui, l’une et l’autre, ont des
conséquences
considérables. Les timides éléments de reprise que l’on constate dans
les pays
développés depuis la fin de 2009 ne doivent pas faire illusion. Ils ne
sont pas
durables où, pour reprendre un mot à la mode, « soutenable ».
Dominique Plihon
est professeur d'économie financière à l'université Paris-XIII et participe à
l'édition de plusieurs revues. Militant altermondialiste, il est également
président du conseil scientifique de l'association altermondialiste Attac.
Jacques Sapir
est directeur d'études à l'EHESS, dont il dirige le Centre d'études des modes
d'industrialisation. Il a obtenu le prix Turgot du livre d'économie financière
en 2001 pour Les Trous noirs de la
science économique. Essai sur l'impossibilité de penser le temps et l'argent, Albin Michel,
Paris, 2000.
Ce texte est une
contribution à l'élaboration du programme du Parti de gauche, parti qui tenait sa
convention nationale les 5 et 6 décembre dernier. Jean-Pierre Lemaire est un
ex-militant des Verts qui a rejoint, avec la Gauche écologiste autour de
Martine Billard, le P.G. Serge Marquis, membre de notre comité de rédaction est
militant du P.G. dans le Val-de-Marne
CHER-ES ami-es, cher-es camarades, comme vous le savez, accéder
au pouvoir pour réaliser une véritable politique de gauche implique de nous
affranchir du carcan libéral de l'Union européenne. Notre pays vit une
métamorphose décisive. M. Barroso vient d'être réélu président de la Commission
européenne à la majorité absolue des parlementaires européens, la Cour de
justice européenne contredit continûment le droit constitutionnel français... Un
président et un ministre des Affaires étrangères de l'U.E. vont être désignés.
Durant ce temps, quatre millions de nos compatriotes pointent au Pôle Emploi,
sur une population active de 28 millions, soit un taux de 14 %. La moitié de la
population vit avec moins de 1 510 euros après impôts alors que les dépenses
contraintes (logement, eau, chauffage, etc.) sont passées de 21 % en 1979 à 38
% aujourd'hui 1. Devons-nous rappeler l'existence de millions de gens à la rue
ou dépendants des minima sociaux, des mal-logés, des millions de
personnes handicapées,... ? La société prend des coups sur la tête, le mouvement ouvrier
aussi - ses organisations, ses syndicats, ses associations... La tête dans le
guidon, nos concitoyens ne parviennent pas à s'opposer, même électoralement.